Plus que jamais, la politique de Laclais est des plus paradoxales. D'un côté, la maire explique que la ville, qui doit assumer dans une conjoncture délicate la facture laissée par la gestion Besson, est dans une très difficile situation financière, ce qui l'amène à faire arrêter les chantiers ou à bloquer toutes les dépenses, même les plus élémentaires. De l'autre, elle se lance dans une politique de communication très coûteuse, à l'occasion de l'arrivée du Tour de France. Laclais vient ainsi de décider que la ville publierait un numéro spécial de Chambéry magazine afin de célébrer l'événement : du coup, Chambéry 100 % à gauche a bénéficié de sa tribune légale, pour donner son point de vue sur la question. Comme le règlement intérieur du conseil municipal ne nous laisse le droit qu'à 1500 signes, il n'est pas possible d'argumenter longuement, mais on peut toutefois donner quelques grandes idées, ce qui permet de se positionner, comme c'est le cas dans cette tribune reproduite ci-dessous :

Tour de France : la politique du bling-bling

Alors que les coupes franches se multiplient dans le budget de la ville, la municipalité va dépenser à fonds ouverts l’argent public pour accueillir une étape du Tour de France. Pour la majorité municipale, mais aussi pour la droite qui soutient ce projet, il s’agit de profiter de cet événement pour associer l’image de Chambéry au vélo et au « développement durable », que le Tour de France serait censé incarner. Pour notre part, nous considérons que Chambéry n’a rien à gagner à être associé à ce vaste barnum, qui déplace des centaines de milliers de véhicules et une nuée d’hélicoptères, tout en développant une conception malsaine du sport, dont les valeurs sont perverties par l’argent et le dopage.

Malgré nos interventions répétées au conseil municipal, il n’a jamais été possible d’obtenir que la maire nous donne le chiffrage précis et exhaustif du coût de cette opération, qui ne sera bien évidemment pas sans conséquences sur les finances de notre ville. Une chose est en tout cas sûre : cet argent public aurait été bien mieux utilisé pour le développement du vélo et des modes de transport alternatifs, s’il avait été investi dans la construction de pistes cyclables et la création de nouvelles zones piétonnes. Plutôt que de s’engager dans une opération aussi coûteuse et éphémère que l’accueil du Tour de France, la municipalité aurait ainsi mieux fait de travailler concrètement à la réduction de la place de la voiture dans notre ville.

Billet original sur Chambéry 100% à gauche