En supprimant le conseil municipal du mois de juin et en le déplaçant en plein de mois de juillet, la majorité municipale escomptait profiter de la période estivale pour faire passer ses dossiers avec le moins de publicité possible. Si, avec les chaleurs, le public était effectivement très peu nombreux, la municipalité n'est toutefois pas parvenue à empêcher le débat, malgré ses nouvelles tentatives pour verrouiller les discussions, ce qui a amené quelques nouveaux échanges vifs.
La séance a commencé par une présentation du bilan foncier que la municipalité doit présenter chaque année pour informer du total des cessions et des acquisitions de foncier ou d'immobilier faites par la ville et ses organismes (OPAC, SAIEM...). Une fois n'est pas coutume, l'UMP Dullin a posé une question intéressante, s'étonnant que malgré les grands discours de la municipalité sur la nécessité de développer un nouvel urbanisme en rupture avec les choix des années 60, elle a mis en place des programmes d'une extrême densité au Covet et à Joppet. Besson a répondu que la densification de l'habitat n'est pas un problème, car ce qui comptait c'est la mixité sociale et que les programmes actuels ont pris soin de mélanger l'accession et le locatif, ce qui est l'essentiel.
J'ai profité de ce débat pour interroger la municipalité sur le scandale des Terrasses du Grand champ. Après avoir construit deux premiers immeubles avec une vue magnifique sur le Nivolet, le promoteur Océanis a obtenu que la ville déclasse une parcelle en zone naturelle accolée à ces constructions, avant d'obtenir un permis de construire qui lui a permis d'édifier deux immeubles de 5 étages, à seulement 4,50 m des deux premiers immeubles. Cela a fait le bonheur des habitants des deux premiers immeubles, qui ont pu échanger leur vue sur le Nivolet pour une vue imprenable sur le salon du voisin. Ils sont d'autant moins contents que la municipalité a aidé Océanis à construire ces deux immeubles en achetant en VEFA pas moins de 7 appartements dans les nouvelles constructions pour le compte de l'OPAC. Laclais a répondu que si la municipalité avait autorisé la construction des deux nouveaux immeubles, c'était pour compenser le fait qu'elle avait obtenu que le promoteur fasse un étage de moins dans les deux premières constructions et qu'elle discuterait avec les associations pour voir si l'OPAC allait ou non renoncer à acheter ces appartements. Bref, si les copropriétaires qui se sont fait rouler par Océanis avec le soutien de la municipalité comptent sur les élus de la majorité municipale pour les soutenir, ils risquent d'être déçus.
Après avoir passé le dossier de la rénovation de l'avenue d'Annecy (j'ai voté pour) et avoir décidé de reconduire une nouvelle Délégation de Service Public pour la fourrière municipale (j'ai été le seul à voter contre), on est passé au rapport d'activité de Chambéry métropole. La loi impose en effet que les conseils municipaux puissent discuter chaque année du rapport d'activité de la communauté d'agglomération, mais c'est un article de loi que Laclais et Besson ont un peu de mal à appliquer, puisqu'il avait fallu l'an passé que je les menace de saisir le tribunal administratif pour qu'ils se résolvent à inscrire ce point à l'ordre du jour.
Toujours peu convaincue par la nécessité de discuter de ce rapport, Laclais a tenté de se libérer à bon compte de cette obligation légale, en refusant de faire une délibération particulière et en décidant que le rapport d'activité ne serait pas présenté en tant que tel au conseil municipal, mais qu'on pourrait éventuellement en dire un mot dans le cadre de la discussion du rapport annuel sur les inégalités sociales et territoriales. Comme en plus, on n'avait pas reçu le dit rapport d'activité, j'ai vivement protesté et Laclais a fini comme d'hab par se prendre les pieds dans le tapis : j'ai pu non seulement faire l'intervention que j'avais prévue sur Chambéry métropole, mais aussi illustrer par l'exemple l'omerta qui entoure les affaires de Chambéry métropole. Tout cela a en effet créé de longs et tendus débats sur le fonctionnement de Chambéry métropole avec Besson et Laclais, mais aussi avec l'UMP qui étant alliée à la gauche plurielle à Chambéry métropole s'est crue obligée de lui donne un petit coup de main. Ils ont ainsi déployé une telle énergie pour éviter que l'on puisse s'intéresser à leurs petites affaires qu'on se demande bien ce qu'ils ont à cacher.
On est ensuite passé aux tarifs toujours aussi chers des cantines de Chambéry. Nouveauté de l'année: la maire reconnait désormais que les cantines sont beaucoup plus chères à Chambéry que dans les autres villes, mais elle explique que c'est à cause de la qualité de la nourriture et de l'encadrement exceptionnel que Chambéry a mis en place(!). A l'exception de ma seule voix, on a voté en faveur de ces tarifs très élevés, puisque pour une famille de deux adultes et deux enfants, qui a des revenus totaux de 2500 euros mensuels, allocations familiales et APL comprises, le coût du repas par enfant sera de 5,35 euros, ce qui fait mal à la fin du mois.
On est passé ensuite au voeu de la Fédération des compagnies professionnelles de Chambéry, qui demandait à ce que le budget du spectacle vivant et les scènes municipales puissent être répartis plus équitablement entre l'Espace Malraux et les compagnies professionnelles locales. Juliette Lehmann (PCF), qui est conseillère déléguée au spectacle vivant et dont c'est donc le secteur d'attribution, a annoncé que les élus communistes voteraient en faveur de ce voeu, ce qui est un petit événement car c'est la première fois depuis le début du mandat qu'un élu de la majorité vote un voeu présenté par Chambéry 100 % à gauche. Laclais n'était pas contente, mais a toutefois pu recevoir le soutien des Verts, qui ont tenu à faire savoir qu'ils rejetteraient ce voeu : Guilhaudin a dit qu'il s'agissait d'un "voeu inapproprié" et Pierre Bérenger a surrenchéri en expliquant que les gens des arts de la scène veulent dominer l'ensemble des arts (!). Dullin a dit qu'il était attentif à la question, mais qu'il s'agissait d'une affaire politisée par le NPA et le PCF et que la droite avait courageusement décidé de ne pas participer au vote. Au final, il y a eu 3 voix pour le voeu (la mienne et les PCF Juliette Lehmann et Sophie Coquemer).
Enfin, on est passé aux questions. La droite avait posé une question sur le faubourg Montmélian, non pas pour demander sa piétonnisation comme l'avait fait Chambéry 100 % à gauche, mais pour expliquer que les habitants le fuyaient et qu'il fallait avoir des commerces plus variés. Je me suis étonné de ces propos, car le faubourg est un quartier populaire densément peuplé, dont les commerces sont beaucoup plus variés qu'à la rue de Boigne, puisqu'on y trouve une boucherie, une épicerie, une boulangerie, une librairie, un marchand de vêtement, des bars, des restos etc., mais l'UMP ne m'a pas répondu et je n'ai donc pas pu comprendre pour quelle raison ils trouvaient que les commerces du faubourg Montmélian n'étaient pas "variés". En revanche, il a toujours été impossible de savoir pourquoi la municipalité ne voulait pas que le faubourg devienne piéton, puisque la maire s'est refusé à fournir la moindre explication sur les raisons qui amènent la municipalité à vouloir à tout prix y maintenir la circulation automobile.
Billet original sur Chambéry 100% à gauche